Extrait de la pièce de théâtre: L'auberge de la gorge du boucher

Si cette pièce de théâtre vous intéresse, mais que des personnages ne correspondent pas à la composition de votre troupe de théâtre, sachez que je me ferais le plaisir d'une réécriture de celle-ci pour qu'elle s'adapte parfaitement à votre structure. Pour cela contacté moi à: ericgarandeau@orange.fr  

"L'Auberge de la gorge du boucher"


Décors, fonds de scène

  • Une cheminée avec cachette, qui s’ouvre grâce au pied de biche (côté droit) accroché sur la hotte.
  • La fenêtre du bureau, ainsi que la porte.
Décors, côté jardin :

  • Un escalier en bois (trois marches)
  • Une porte, entourage en pierre

Décors avant scène côté jardin :

Une tour avec à l’étage une fenêtre et au rez-de-chaussée, un soupirail.



Décors avant scène côté cour :

  • Une porte de grange.

Décors côté cour :

  • Un vaisselier
  • Une porte d’entrée
  • Une petite fenêtre



L’auberge de

« La gorge du boucher »

(une pièce de Éric Garandeau)




En voix off



L’an de grâce 1759 le bataillon d’Anjou, corps du comte de Saint Germain, subit une cuisante défaite au passage des gorges de Münden (basse saxe) traduction française (déboucher).

Au moment de la débâcle, les dénommés : Bartholomé et Orégonde Penaud, cuisiniers du régiment, tuent les gardiens du chariot transportant la solde des officiers.

Dame Orégonde et son amant Arthémond veulent profiter de la débâcle pour occire le mari cocu et partir avec le butin. Tel est pris, qui croyait prendre, ce fut l’amant plutôt que le mari, qui servit de cible à l’ennemie. Orégonde n’eut point le temps de pleurer les blessures de son amant, elle se sauve donc avec mari et larcin en quête d’une cachette.

Les voilà près de « l’auberge de la gorge du boucher » …(rire satanique)


Ouverture des rideaux

Acte1 scène1

Bartholomé : (sort de son bureau qui est en fond de scène et cherche dans la pièce) allons bon !… Où me les a-t-elles fourrées, non de non !…Où a-t-elle pu mettre cette boîte… Avec cette manie de fouiner, de tout déplacer et de ranger, elle chercherait quelque chose qu’elle ne si prendrait pas autrement… Cherche, cherche ma jolie (rire gras). Où est donc rendue cette propre à rien, ce n’est pas dieu possible, qu'est-ce qui m’a donné un engin pareil « Mathurine, oh là !… La Mathurine !! ».

Acte1 scène2

Mathurine : (l’air craintif) Monsieur m’a appelé ???

Bartholomé : (prend un air de vieux cochon, et tourne autour de Mathurine) Ah !!! Tout de même… je cherche mes plumes… ne saurais-tu pas par hasard où elles sont ?

Mathurine : (très gênée) Non, monsieur, peut-être que votre dame …???

Bartholomé : (penseur) probablement, oui, probablement !!! (Taquine Mathurine), mais toi bel oiseau, ne serais-tu point disposée à me donner un peu de ton plumage un peu de ton…Duvet.

Mathurine : (la colère commence à venir) Que dirait madame si elle vous entendait ???

Bartholomé : (la colère monte) Laisse donc cette vieille poule dans son poulailler et approche-toi d’un bon vieux coq.

Mathurine : (se débat)

Bartholomé : (gueule) As-tu fini de gesticuler comme ça, petite sotte, qu’as-tu à perdre ???

Acte1 scène3

Orégonde : (rentre en essuyant une main à son tablier et tient un rouleau à pâtisserie de l’autre). Elle … rien…mais toi le vieux coq tu pourrais bien y laisser quelques plumes.

Bartholomé : (en colère), mais que vas-tu imaginer là. Il s’agissait tout simplement pour moi de lui inculquer les bonnes manières. (Regarde Mathurine) Mieux vaut commencer jeune. (Regarde Orégonde), Car malheureusement après il est trop tard.

Orégonde : Je ne suis pas une de ses jeunes pouliches… Moi, tu ne m’impressionnes pas l’homme. Inutile de gueuler comme ça, il suffit un instant de fermer les yeux, pour avoir l’impression que l’on égorge un goret dans la place. (en aparté au public). Il est vrai que lorsque l’on voit l’engin, il y a bien de quoi se tromper sur l’animal.

Bartholomé : Cesse donc de marmonner comme une mère maquerelle et dis-moi où tu as mis mes plumes de canards…J’ai un pli urgent à envoyer par la prochaine malle postale et impossible de mettre la main dessus… Avec ta fichue manie de tout ramasser.

Mathurine : (va se réfugier derrière Orégonde)

Orégonde : Tout doux mon ami, je reconnais bien là le pingre que tu es, préférer la plume de canard à celle de l’oie, uniquement parce que, l’une use moins d’encre que l’autre ! Ah … ! Mais qu’ai-je fait au ciel pour supporter pareil bonhomme !

Bartholomé : (se dirige vers Orégonde en la menaçant du poing) sacré fi de garce, je commence à en avoir par-dessus la tête de tes réflexions… Espèce de barrique à farine.

Orégonde : (levant son rouleau à pâtisserie). Tout doux la bête, tout doux…Point de ça entre nous mon ami ou sinon… (avance vers lui en le repoussant de son ventre). La barrique à farine pourra de ta cervelle…« Si je la trouve bien sûr » en faire de la bouillie pour la prochaine soupe aux cochons.

Bartholomé : (crache par terre) Tu parles du ciel, mais c’est le fond de l’enfer que tu devras implorer, là au moins je suis sûr que l’on t’y entendra… Alors… Et mes plumes de canards, où les as-tu mises ?

Orégonde : (en soulevant ses cotillons) Et bien mon cochon une chose est sûre, c’est qu’elles ne sont pas sur votre blanche colombe.

Bartholomé : Cesse donc de montrer tes oripeaux et donne-moi ce que je te réclame femme, ou par le ventre de saint gris de mes aïeux, je saurai te rendre gorge de t’être moqué de ma personne.

Orégonde : (au public) Le voilà qui prends ses grands airs maintenant. (Se dirige vers le meuble et ouvre le tiroir). Les voilà tes maudites plumes et tu sais où tu peux te les Me….

Bartholomé: (coupe la parole et désarme Orégonde avec le tisonnier) Attention, on arrête de jouer la finaude avec moi…Ramasse ton engin et file tout de suite me préparer quelque chose qui soit à ma convenance.


Orégonde : (retourne à la cuisine) ingrat bonhomme, vil personnage… La teneur de ta couenne ne démontre-t-elle pas que tu te goinfres et que je t’engraisse de façon plus que raisonnable.

Mathurine : (suit Orégonde).

Bartholomé : (saisit Mathurine par le bras) Eh !!! Pas si vite, bel oiseau

Mathurine : Laissez-moi à la fin.

Bartholomé : De gré ou de force, je te démontrerai qui est le maître ici.

Acte1 scène4

Arthémond : (entre dans l’auberge, regarde la scène, enlève son fourreau). Alors mon brave, il me semble que vous avez du mal à vous faire respecter de cette minaudeuse. (Regarde le tisonnier). Je doute que vous lui fassiez courber le dos avec cet engin (montre l’épée à Bartholomé). Si elles ne veulent pas obéir...À la moindre réticence, le plat d’une bonne rapière, voilà par quel menu il faut les servir.

Bartholomé : (esquisse une légère révérence) Monseigneur…Je vous prie de bien vouloir excuser cet accueil, installez-vous je vous en prie. (Regarde Mathurine) et toi ne reste pas planté là, descends à la cave et ramène moi le meilleur de notre vin, que ce gentilhomme puisse apprécier l’hospitalité de notre auberge. (Tends la clef de la cave à Mathurine).

Arthémond : Ne te fatigue pas l’aubergiste, je vois bien que l’endroit n’est point le Louvre et que les cafards doivent faire bombance de tes clients.

Bartholomé : (Flatteur) J’ai à faire à un Seigneur…ici point de blattes et de cafards, la maison est peut-être simple, mais pour six deniers, vous serez traité comme un roi : un lit, un repas, une chopine par personne et par jour … « Monseigneur »

Mathurine : (prend la clef et part en haussant les épaules).

Acte1 scène5

Orégonde : (À Mathurine) dis donc toi… Tu n’as pas autre chose à faire que de rester là à bayer aux corneilles ?

Mathurine : C’est monsieur qui m’a demandé de descendre à la cave.

Orégonde : Donne-moi cette clef et file ranger la remise.

Arthémond : (regarde avec intérêt Orégonde dans l’embrasure de la porte)

Bartholomé : (dévisage Arthémond)

Arthémond : (reprend ses esprits) holà l’ami, ne serais-tu point entrain de me confondre avec quelques gibiers…De m’examiner tel un futur pigeon à plumer ???

Bartholomé : (l’air rieur) Oh ! Monseigneur se méprend, loin de moi l’envie de vouloir vous nuire et encore moins celui de vous rôtir. (se met à rire bêtement).

Arthémond : (sort l’épée du fourreau et menace) Il vaudrait mieux pour toi …Et pour ta santé… Ne te fait pas d’illusion, je ne suis ni riche, ni grand seigneur, mais pourrais bien te donner leçon du bout de ma cigogne et débarrasser ainsi la terre d’une vielle charogne.

Bartholomé : Monsieur aime rire !!!

Arthémond : (d’une voix forte) En ai-je l’air ?

Bartholomé : Ma foi, je crains bien que non… « Monseigneur »

Arthémond : Cesse le « monseigneur » et presse la femelle d’aller me quérir mon breuvage, quant à toi (jette une pièce d’une livre =1sous=12 deniers) prend ceci et que le sang de Bacchus me soit servi à volonté.

Bartholomé : Je disais Monseigneur, mais…Je vois que c’est plutôt un prince que je côtoie.

Arthémond : (reprend son épée) tiens-tu à la tâter pour continuer à me flatter de la sorte.

Bartholomé : (au public) mieux vaut rompre les chiens… Mais que fait la patronne avec le vin.

Orégonde : (apparais dans le soupirail de la cave avec une lampe)

Arthémond : probablement à le couper d’eau.

Bartholomé : Pas de ses manières ici Monseigneur, pas de cela chez nous.

Arthémond : (prend Bartholomé par le col et le dirige vers la porte d’entrée) dites moi…Drôle d’enseigne pour une auberge. « L’auberge de la gorge du boucher ». Serait-il le lieu d’une ancienne boucherie ?

Bartholomé : (embarrassé) Je ne pourrais répondre à votre demande monsieur, je ne suis propriétaire de ce lieu que depuis fort peu.

Acte1 scène 6

Orégonde : (monte avec deux chopines, s’arrête un instant en voyant Arthémond, elle laisse tomber le gobelet, le ramasse et pose la bouteille sur la table ainsi que le gobelet après l’avoir essuyé avec son tablier)

Bartholomé : Ah !!! Enfin. (Reprend la clef, fait signe à Orégonde de retourner dans la cuisine) prenez place et goûtez-moi ce nectar, vous m’en direz des nouvelles. « Cuvée 1758 ».

Arthémond : (se saisit des deux bouteilles en tire une rasade). Mouais, pas trop coupé…J’aurais préféré autre chose qu’un rouge de ton patelin (Appui sur) « Un vin d’Anjou » par exemple !!!

Bartholomé : Je vous assure que celui-ci est très bon… Et qu’il sait tenir le palais en éveil comme tout autre breuvage. Autant que celui du pays d’Anjou et d’ailleurs.

Arthémond : Aurais-tu quelque chose contre le vin d’Anjou ??? Mécréant.

Bartholomé : Que nenni monsieur, que nenni. (Au public), mais pourquoi insiste-t-il sur le vin d’Anjou. Je vais vous faire conduire à votre chambre…Elles ne sont pas grandes, mais disposent de tout le confort nécessaire au bien-être de nos clients. (Ouvre la fenêtre et appelle Tobias). « Tobias »…Tobias espèce de propre à rien où es tu encore fourré ?

Acte1 scène 7

Tobias : (Entre par la porte, et joue l’innocent) Oui, monsieur m’a appelé

Bartholomé : Occupe-toi de la monture de Monsieur (regarde Arthémond) votre cheval sera bien traité, la paille y est changée régulièrement.

Tobias : (s’adresse à Arthémond) A ça pour sûr qu’il y sera bien traité, dans c’te maison vaut mieux être un cheval qu’un être humain, ouais…Moi j’vous l’dit.

Bartholomé : Serais-tu entrain de te plaindre. (A Arthémond) Le mécréant, voyez Monsieur, comment me remercie cet ingrat. (De nouveau à Tobias en marchant vers lui). Espèce de « j’en foutre »…Résidu de semence de potence…

Tobias : Mais quoi…Qu’ai-je encore dit de mal…

Bartholomé : Mais il me répond le bougre d’animal, fous-moi le camp d’ici avant que je t’étripe.

Tobias : (Au public) j’ne sais pas comment je me débrouille…Apparemment très mal…A chaque fois cela me retombe toujours sur la tête.

Bartholomé : (Envoie un coup de pied au cul de Tobias). Mais vas-tu décamper bougre d’idiot !

Tobias : (semble vouloir répliquer, mais reprend son air bête) Oui, oui j’y vais, j’y vais.

Bartholomé : Et tu diras à Mathurine de venir ici et le plus vite possible. (À Arthémond) Je vous prie de bien vouloir excuser ce contre temps, mais les problèmes d’intendances… pas toujours facile à gérer.

Arthémond : Il y a des choses plus difficiles à gérer.

Bartholomé : Où Monseigneur veut-il en venir avec ses « Autres choses difficiles à gérer ? »

Arthémond : Nulle part… Enfin pas pour le moment. (En aparté au public) Pas mécontent d’avoir trouvé le bon endroit.

Acte1 scène 8

Mathurine : Monsieur m’a encore appelé ?

Bartholomé : Oui, conduis ce gentilhomme dans la chambre du fond.

Mathurine : (Invite, en levant les yeux au ciel, Arthémond à la suivre.)Ne vous pressez pas surtout.

Arthémond : (suit Mathurine, laissant seul Bartholomé et Tobias)

Bartholomé : Conjectures de la bêtise et de l’idiotie réunies.

Bartholomé : (reprend la boîte à plumes de canard) Bon…L’autre idiot est dans l’écurie…Qu’il y reste. Quant à la barrique à farine, elle s’occupe de ses gamelles et la pimbêche est avec l’autre énergumène !!! (Se dirige vers son bureau) La malle postale va arriver et je n’ai pas encore commencé l’écriture de la lettre de change. (vide le gobelet à Arthémond)Tiens, toujours ça de pris (Se met à son bureau et commence à écrire).

Acte1 scène9

Tobias : (pousse la fenêtre et appelle) Mathurine…Mathurine... Eh ! C’est moi, Tobias.
 
Acte1 scène10

Mathurine : Mais ne gueule pas si fort… (au public) Décidément, c’est une manie ici pour les hommes, impossible pour eux de parler sans braire.

Tobias : Cela te dirait un petit brun de causette.

Mathurine : Je sais où finissent tes causeries, on commence à parler de la pluie et du beau temps, et après bonjour le déluge.

Tobias : Mais je ne peux pas me priver de toi… « Petite éclaircie d’hiver ».

Mathurine : Idiot.

Tobias : « petite brindille de paille »

Mathurine : (Au public) si je ne l’arrête pas, il va me proposer une botte de foin. (A Tobias d’une voix douce) « Imbécile »

Tobias : « Ma petite botte de foin ».

Mathurine : Qu’est ce que je vous avais dit. (A Tobias) Arrête de faire ton gigolo cinq minutes et entre… On va discuter de la récolte... Dans la remise.

Tobias : (passe par la fenêtre et tombe). À merde alors !

Mathurine : Tu ne peux donc pas cesser de faire du bruit. Tu tiens vraiment à ce que le vieux cochon nous surprenne ?

Tobias : Ben quoi…Pas fait exprès !!!

Mathurine : (entraîne Tobias dans la remise).

Tobias : (se cogne le pied dans le banc). Et re-merde !

Mathurine : Et bien nous ne sommes pas arrivés ! (entends du bruit et entraîne Tobias dans la cheminée).

Bartholomé : (Ouvre la fenêtre du bureau) Bon !!! Quel est donc encore ce bazar. Impossible d’écrire ici. (Referme la fenêtre et tire le rideau).

Acte1 scène11

Diane de Montbazon : (entre dans l’auberge et attend quelque instant, elle frappe à la porte timidement). Hum, hum, il y a quelqu’un ???

Mathurine : (En coulisse, sous forme de complainte) Oui !!!

Diane de Montbazon : est-il possible d’avoir une chambre ?

Mathurine : (En coulisse, sous forme de complainte) Oui ! oui !

Diane de Montbazon : Et de quoi me sustenter ???

Mathurine : (En coulisse, sous forme de complainte) Oh !!! Oui, oui, oui!!!

Diane de Montbazon : Par Dieu…Quel enthousiasme !!! (Attend encore et trouve le temps long) Alors c’est pour aujourd’hui ou pour demain.

Acte1 scène12

Mathurine : (Rentre sur scène avec de la paille dans les cheveux) c'est pourquoi ?


N'hésitez pas à me contacter pour recevoir la totalité du texte ou pour avoir plus de renseignements sur cette pièce de théâtre à : ericgarandeau@orange.fr


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