Extrait de la pièce de théâtre: Maison à vendre.


Si cette pièce de théâtre vous intéresse, mais que des personnages ne correspondent pas à la composition de votre troupe de théâtre, sachez que je me ferais le plaisir d'une réécriture de celle-ci pour qu'elle s'adapte parfaitement à votre structure. Pour cela contacté moi à: ericgarandeau@orange.fr 

Maison à vendre
« Enfin, presque ! »
(une pièce de théâtre d'Eric Garandeau)

Constant, p’tit père tranquille ne tient pas du tout à quitter sa demeure pour finir ses jours dans une maison de retraite. C’est pourtant ce que souhaiterait, Thérèse sa fille unique, qui verrait là un bon moyen de récupérer une partie de la vente de la maison pour assurer ses dépenses personnelles. La confrontation de ses deux personnages finit par déclencher des situations des plus rocambolesques et surtout des plus inattendues.

Le décor
L'avant- scène
Côté jardin l’entrée d’une remise. Côté cour. Celle d’une cave.
Divers objets peuvent être disposés, vieille chaise, vieilles caisses en bois, un puits, échelle en bois etc.
Sur scène
Le décor principal représentera l’intérieur d’un très vieux salon qui aurait subit
quelques timides transformations au fil des siècles.

Coté jardin
Une porte / un meuble bas sans fond / un retour montrant l’ouverture d’une cuisine
Fond de scène
Un tableau (représentant un pirate)/ un sabre / une fenêtre / un passage pour marquer
la sortie principale du salon.
Coté, Cour
Une bibliothèque pivotante / une cheminée / un meuble bar sans fond.

Une table.
Deux chaises (une sera reliée à un fil de nylon).
Un sac de sport (relié à un fil de nylon).
Un pot de fleurs (en plastique relié à un fil de nylon)
Un meuble bas (munie d’un double fond)
Une épée à large lame.
Une lampe de chevet posée sur le meuble.
Une porte.
Un pendule.
Un tableau représentant un pirate
Une fenêtre qui donne sur l’extérieur
Une bibliothèque (ouvrant sur un passage secret)
Une cheminée
Un fauteuil.
Une table.
Un appareil photo.
Une toque de chef
Un meuble-bar.
Un téléphone.
Un éclairage au plafonnier.
Deux bouteilles de rhum.
Une petite caisse à outils.
Un sachet en papier.
Deux ampoules.
Une araignée fictive (reliée à un fil de nylon).
Un paravent.
Un petit escabeau.
Un plat avec des madeleines.
Quelques photos.
Une vieille mobylette (ou un vélo)
Quelques graviers
Une épuisette.
Le sac à Hubert, la chaise et le pot de fleurs peuvent aussi bien être déplacés manuellement par Gontran le ténébreux ou à l'aide d'un fil de nylon tiré en coulisse par un machiniste.

Les personnages
Constant (le père) : (p'tit père tranquille). A bien du mal à gérer le tempérament volcanique de sa fille.

Thérèse (la fille) : (belle garce et panier percé). A la fâcheuse tendance à péter plus haut que son derrière, veut vendre la maison, récupérer la part de sa mère et mettre son père en maison de retraite.

Hubert Pigouille (le comédien) : (gentil) toujours à la recherche d’un contrat

Gontrand le ténébreux (le Fantôme): (farceur) est tiré de sa léthargie par la lecture d'un parchemin.

Gaspard: (gigolo). Amant de Thérèse se laisse influencer par celle-ci pour fomenter un complot contre Constant
Les costumes et accessoires

Constant : pantalon en velours / chemise assez colorée / un nœud papillon/ Un petit gilet / Une paire de babouches/ Une montre à gousset.
Thérèse : un ensemble très coco Chanel / un chignon année 1960.
Hubert : arrive en costume cool et revêt un piètre déguisement de pirate / un agenda de papier.
Le ténébreux : en costume de pirate / un sabre (en plastique de loin, cela fera très bien l'affaire)
Gaspard : costume trois pièces de jeune apprenti macro. Avec un petit foulard.

Maison à vendre
« Enfin presque ! »

Acte 1 scène 1
Le rideau s’ouvre , Constant, muni d’une bombe insecticide inspecte le mobilier.
Constant : tiens, encore là ! Et encore ici ! (donne des coups de bombe) Décidément, je n’arriverai pas à me défaire de ces saloperies ! Maudites bestioles, j’ai beau traiter, et retraiter le bois, il y en a toujours qui arrivent à passer au travers des mailles du filet, maudit parasite (donne un coup de bombe de façon énergique)
Coup de sonnette à la porte.
Thérèse : (en voix off) hou, hou père ! C’est moi ! « Thérèse »
Constant : tiens ! Lorsque l’on parle de parasite et de nuisible ! En voilà justement un beau spécimen.

Acte 1 scène 2

Thérèse : (entre dans la pièce et commence à débiter son monologue) bonjour père… Alors comment vous portez-vous aujourd’hui ? Bien ? (ôte son manteau et le pose sur une chaise) .Pas trop de surmenage, j’espère ! Votre santé est tellement fragile en ce moment. (tout en faisant le tour et en examinant Constant)

Constant : as-tu peur de me biser ? Je n’ai pas la gale.

Thérèse : (l’embrasse sur la joue juste du bout des lèvres) ah oui, voilà! Mais c’est quoi cette odeur ? Comment pouvez-vous supporter cela ?

Constant : dis donc ! Tu n’as pas un peu fini ! C’est l’odeur du pesticide et non celle de ton vieux père que tu sens. Quant à ma santé, je suis ravi qu’elle te préoccupe.

Thérèse : vous en doutiez ? Comment pouvez-vous! Enfin père !

Constant : (nargue sa fille) Enfin père ! Enfin père… Vas-tu cesser de me vouvoyer !C’est quoi cette dernière lubie ? Encore une idée de ton mari Edmond, certainement.

Thérèse : je ne vois pas ce qu’Edmond vient faire dans cette conversation? Tiens d’ailleurs, Edmond vous souhaite le bonjour.

Constant : tu sais où il peut le mettre son bonjour !

Thérèse : c’est malin. (mets un châle sur ses épaules) Brrr ! (regarde partout)

Constant : « TU » cherches quelque chose ?

Thérèse : je me demande d’où peut bien provenir ce courant d’air ? Il me glace le sang.

Constant : moi, je ne ressens rien… (en aparté) À part toi qui me pompes l’air.

Thérèse : comment ? Vous… (Se reprend) Tu m’as parlé.

Constant : comment ? (marque un temps) Quoi ? Tu (marque un temps) vous… Non.

Thérèse : (en aparté) j’ai bien compris que je te pompais l’air ! Je ne suis pas aussi sourde que toi vieille peau ! (en aparté) Ne t’inquiètes pas espèce de dinosaure ! Bientôt, c’est toi qui vas dégager. Du vent, de l’air montgolfière décrépite, bon débarras. (regarde le tableau) Ah et puis cette vieille relique qui me donne froid dans le dos. (prends un morceau de tissu et recouvre le tableau) Tiens, caché, espèce de figure de peau de fesse.

Constant : (en aparté) tu veux me mettre au rebut Vipère ! Tiens bon, je te prépare une petite surprise ! Dis donc Thérèse, tu es venue ici pour refaire la déco ou pour prendre des nouvelles de ton pauvre père ?

Thérèse : (sort un prospectus de son sac et prend un air de petite fille) figure-toi que, l’autre jour, je passais par pur hasard, devant le bureau de l’aide sociale et regarde ce que j’aperçois, un prospectus ventant les vertus de cette merveilleuse résidence pour les seniors. (tend le prospectus à Constant)

Constant : tu appelles cela une résidence ? Pour moi, ce n’est qu’une déchetterie spécialisée pour les vieux modèles de l’espèce humaine ! Et en plus avec un nom pareil « Résidence des Pissenlits » pourquoi pas celle des chrysanthèmes ?

Thérèse : tu as toujours le don de l’exagération !

Constant : et toi celui de la bêtise. Tu me vois quitter mes livres, mes meubles, pour un vivarium qui pue l'urine et l’eau de javel ?

Thérèse : tu y seras toujours beaucoup mieux que dans ce taudis rempli de courant d’air et de toiles d’araignée.

Constant : arrête, tu m’énerves. Continue comme çà et tu vas finir pas me provoquer une crise cardiaque !

Thérèse : (en aparté) si ça pouvait être vrai !
Constant : comment ?

Thérèse : rien, rien tout de même père ! Si tu ne veux pas faire de travaux dans cette maison, tu vas finir par attraper la mort ! (prend une madeleine qui est dans un plat sur la table)

Constant : serait-ce un souhait ? Et puis arrête de manger mes madeleines.

Thérèse : eh ! Ça va bien, tu n’as qu’à pas les mettre sous mon nez, tu sais que j’adore çà !

Constant : pour faire des travaux, il faut de l’argent, et de l’argent, je n’en ai pas ! À moins que ma fille et mon gendre aient, dans un élan de générosité, l’intention de m’avancer de quoi financer les travaux.

Thérèse : (en aparté) alors là ! Compte là-dessus et bois de l’eau. (à Constant) Il y a bien le trésor.

Constant : le trésor ?

Thérèse : eh bien oui, la cassette remplie d’or ! Celle que l’autre tordu du tableau a caché dans la cave de cette maison. Et ne me dis pas que tu ne l’as pas trouvé, je ne te croirais pas.

Constant : ah ! Ah, ah ! Tu parles de cette vieille légende de famille, mais ma pauvre fille que tu peux être naïve. Jamais ce trésor n’a existé.

Thérèse : Mouais, çà, c’est toi qui le dis. (en aparté) Je suis sûre qu’il me ment, mais je finirais bien par mettre la main dessus.

Constant : alors là, que tu me croies ou non, je m’en tamponne le coquillard. Et puis j’y suis bien moi, dans ma maison, c’est comme si chaque pierre, chaque morceau de bois me parlait !

Thérèse : n’importe quoi.

Constant : tiens ! En parlant de bois !

Thérèse : oui !

Constant : tu pourras dire à ton mari que je lui serais bien reconnaissant de vouloir s’occuper de l’approvisionnement du bois pour la cheminée et si possible, avant la fin de l’hiver !

Thérèse : père ! Si tu savais.

Constant : (en aparté) je sens qu’elle va encore me sortir une excuse à deux balles.

Thérèse : mon pauvre Edmond est tellement submergé de travail en ce moment, c’est tout juste s’il trouve le temps d’embrasser ses enfants le soir…

Constant : (en aparté) tiens, qu’est-ce que je disais ! (à Thérèse) En attendant, il a bien trouvé le temps d’empocher le chèque prévu pour payer mon bois de chauffage, la location du camion pour le transport et le plein de gas-oil. (fini en colère)

Thérèse : allons, calme-toi ! Pense un peu à ton cœur.

Constant : parce que tu te soucies de mon cœur à présent ?

Thérèse : tu as l’air d’être en forme !

Constant : non seulement, j’ai l’air, mais j’ai aussi la chanson.

Thérèse : et à quoi doit-on cela ?

Constant : figure-toi que la semaine dernière, je me suis inscrit au club d’Aiki jutsu

Thérèse : toi ...faire du karaté ?

Constant : pourquoi pas !

Thérèse : (en aparté) voilà qui pourrait arranger mes affaires, un accident cardiovasculaire est si vite arrivé ! (à Constant) Et quand ont lieu tes séances de karaté ?

Constant : d’Aiki-jutsu, le mardi et jeudi soir, pourquoi ? Ne me dis pas que tu veux en faire ?

Thérèse : très peu pour moi et puis, je ne suis pas en retraite, moi !

Constant : parce que tu travailles maintenant ? Première nouvelle !

Thérèse : l’ouvrage à la maison ne compte pas peut-être !

Constant : quel ouvrage ? Ton mari est parti toute la semaine en déplacement, tes enfants sont en pension, et pour ce qui est du ménage, tu m’as dit toi-même qu’une femme venait quatre fois dans la semaine !

Thérèse : et alors, j’ai d’autres activités, figure-toi !

Constant : je serais curieux de savoir lesquelles ?

Thérèse : des réunions littéraires figure toi (prend son manteau et regarde la pendule) d’ailleurs si je ne me sauve pas maintenant, je vais finir par être en retard.

Constant : réunion littéraire ? Laisse-moi rire ! Déjà que tu as du mal à comprendre les rébus du Mickey magazine.

Thérèse : (reviens sur ses pas) très drôle. Et c’est à quelle heure exactement tes cours de (fais quelques mouvements) Singerie asiatique ?

Constant : de 18 h 30 à 20 h 30, pourquoi ?

Thérèse : oh ! Rien, juste pour information. (quitte la scène, en coulisse) et fait attention à ton cœur. (insiste sur le bisou) « Bisou » père.

Constant : (moqueur) oui, oui, c’est ça ! « Bisou » (s’assure que sa fille est bien partie). Je sais bien qu’elle, et son « Edmond » veulent m’éjecter à la maison pour les vieux croûtons et avoir les mains libres pour vendre cette maison. Mais rira bien, qui rira le dernier, vous n’aurez rien de ma couenne bande de sangsues. Tu vas voir ! Tiens justement, il est grand temps que je téléphone à cette agence de comédiens.
(cherche le papier où est noté le numéro de l'agence) Je suis pourtant, bien sûr, d’avoir vu ce numéro de téléphone quelque part ? Avec un nom pareil ! J’ai tellement rit en le lisant, que j’ai bien failli en pisser ma pleine culotte. Le voilà (compose le numéro) Allô, je suis bien à l’agence de « Direction Universelle Certifiée Œuvre Nationale » ? Vous êtes le responsable de l’agence D.U.C.O.N ? Oui ! Très bien, voilà, je voudrais faire une surprise à ma fille et…

Noir sur scène.

Acte 1 scène 3

Hubert arrive en fond de scène avec une vieille mobylette (ou en vélo).

Hubert : hou, hou ! Il y a quelqu'un ?

Constant : (regarde sa montre à gousset) quinze minutes de retard. Voilà qui commence bien ! (se dirige vers la porte de la remise et ouvre la porte) Par ici, par ici, première porte en haut de l’escalier.

Hubert : (entre et se prend les pieds dans le tapis). Ah ! Merde !

Constant : c’est ce qui s’appelle faire une entrée fracassante.


N'hésitez pas à me contacter pour recevoir la totalité du texte ou pour avoir plus de renseignements sur cette pièce de théâtre à : ericgarandeau@orange.fr



Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire